Les Masurel fils
Jean Masurel-Roche de la Rigaudière, né à Roubaix en 1908, fut un célèbre collectionneur. Ses collections sont désormais visibles au Musée d’art moderne (Lam) de Villeneuve d’Ascq.
Son père Paul Masurel (1874-1952), négociant en laine, qui s’était marié en 1907 avec Marie-Thérèse Collart Dutilleul (1884-1969) était déjà lui aussi collectionneur de tableaux.
Issu d’une famille de négociants en laine, dont l’ancêtre François-Joseph Masurel (1797-1851) avait été le fondateur à Roubaix en 1846 de la maison Masurel et fils. La famille Masurel était bien connue dans le négoce, la transformation et la filature de la laine. A une époque, elle fournissait même les insignes, en laine, de l’armée Napoléonienne ! Masurel fils s’est rapidement développé en Australie, Nouvelle Zélande, et Afrique du Sud.
Jean Masurel monte à Paris en 1923 pour préparer son baccalauréat, et loge chez son oncle, Roger Dutilleul, qui transmet à son neveu son amour de l'art. Leur commune sensibilité permet aux deux hommes de s'adonner au soutien aux artistes d'avant-garde et à la collection de tableaux. Roger Dutilleul est alors un des rares collectionneurs français de ces peintres d'avant-garde, défricheurs de courants que l'on nommera ensuite fauvisme, cubisme, école de Farts... les Derain, Rouault, Van Dongen, Braque, Picasso, Modigliani.
A l'époque de leur production artistique, ces artistes ne jouissent d'aucune reconnaissance de la part de l'establishment. Ils écoulent leurs œuvres auprès de quelques marchands qui les encouragent et les font connaître aux mécènes ainsi qu'au public.
Jean Masurel acquiert un jugement très sûr au diapason de celui de son maître et oncle parisien. Il achète à la veille de la guerre le célébrissime " Homme nu assis " de Picasso, il cueille des gouaches de Klee et de Kandinsky dans les cartons, comme on le fait aujourd'hui pour les lithographies... Il apporte un soutien particulier à des artistes du Nord, Eugène Dodeigne, Eugène Leroy ou Arthur Van Hecke.
Aux nombreuses toiles achetées par son oncle au début du siècle : Braque, Leger, Modigliani, Picasso, De Staël, il ajouta lui-même Miro, Klee, et tant d’autres. II fit don de ces œuvres prestigieuses au musée de Villeneuve d’Ascq, construit spécialement pour les accueillir.